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Confrontation entre la vue de 1929 et celle de Google d'aujourd'hui: des chiffres ont été rajoutés pour mieux situer les descriptions...
1, La grande prairie de Chelles porte encore bien son nom... que des terres cultivées. L'ouverture de l'avenue du Général de Gaulle vers l'est, coupera en deux cette surface qui sera entièrement bâtie...
2, La pointe de Chelles et l'extrême est de Gagny encadrant la rivière des Dames à ciel ouvert, un bel espace vert qui aurait pu le rester...
3, La Haute île de Neuilly qui a reçu un classement en vert après la bataille des années 90 (où ce site devait devenir une gigantesque carrière de sable...) Par contre le triangle de Gagny n'a pas été préservé, il y avait déjà longtemps qu'il avait été annexé à l'immobilier...
4, Ces terrains de Gournay- Noisy sont aussi quasiment remplis d'habitations aujourd'hui. Une grande bande de terre remontant vers Champs sur Marne devait servir pour tracer une autoroute, le projet est dans les cartons depuis les années 90...
5, Dernier en date à avoir été construit, ce parc aurait pu être conservé, car la ville de Gournay manque d'espace vert central. Il est vrai que la ville possède un linéaire vert de berges de la Marne qui compense en partie la densification immobilière de son territoire.
VOIR cette PHOTO en bonne résolution à imprimer:
Merci à Gérard Constantin qui nous a fait parvenir cette photo instructive sur 90 ans de densification du tissu urbain:
C'est un ami gournaysien de mes parents, habitants à Gagny près de cette pointe, qui leur avait donné cette photo. Il y a juste une annotation au dos mentionnant "photo aérienne de 1929".
Cordialement et compliments à votre blog et vos informations sur cette Marne et son superbe environnement !
Gérard Constantin
VOIR la pointe de Gournay et son Tramway:
Photo aérienne de 1950: On y distingue le début de la carrière de sable Morillon-Corvol à Vaires.
Cette extraction du sable d'une ancienne boucle de la Marne s'arrêtera au milieu des années 80 et deviendra le lac de Chelles-Vaires, Bassin de Champfleuri, aujourd'hui dénommé Base de Loisirs de Vaires...
En dessous on voit l'espace de terrain nu qui deviendra le Parc du Moulin fin des années 80 également... (Racheté à Epamarne).
Les terrains maraîchers de la Grande Prairie feront l'objet de la construction d'un important ensemble immobilier. Les tours très hautes, devenues insalubres, on été démolies au tournant du siècle...
Le Labour, Rue du Moulin, carte postale probablement des années trente.
La ligne d'arbres à droite est le bord du canal, tandis que le fond de cette prairie est la rivière de Chelles qui n'était pas encore busée à cette époque... Il s'agit probablement de meules de foin, peut-être du blé ou une céréale similaire...
Sur cette autre photo aérienne de Chelles Sud, j'ai rehaussé la Rivière de Chelles en vert, cette rivière coupe en deux les terrains qui seront classés en Zone Industrielle. La partie de terre agricole sur sa gauche est donc l'espace de l'actuel magasin Auchan, quand la partie de terre agricole sur sa droite est devenue la Zone Industrielle de la Trentaine, avec aujourd'hui: le fabricant d'ambulances "Les Dauphins"...
La plus importante ferme de Chelles se situait rue Nast, au tournant, face au garage Volkswagen...
Elle a perduré très longtemps avec toujours la vente de produits de la ferme: volailles, oeufs, lait et même balles de paille dans les années 80...
Photos aériennes de Chelles des années cinquante: Claude Galley.
Descriptions historiques : Lucien Follet
Voici la vue sur l'église de Chelles avant que le maire de l'époque n'autorise le promoteur immobilier à construire son bâtiment sur l'ancien cimetière mérovingien...
C'est ce qui nous fait dire que la Loi Malraux sur les entités bâties et paysagères de 1962 n'a eu aucun impact sur le conseil municipal chellois de l'époque ? Aux oubliettes la Loi pour pouvoir, à l'aise, détruire et rebâtir.
Donc aujourd'hui impossible d'avoir une vue depuis la route du bel édifice ancien de l'église de Chelles... Un bloc de béton blanc bouche la visibilité.
Bien sur à l'époque c'est tout un quartier qui disparaissait, ici sur ce cadastre on voit (en jaune rajouté) que l'espace autour de l'église était dénommé Cimetière. Claude Galley ( Société Archéologique et de Chelles) à qui je dois ces images anciennes, précise que les rues ont été transformées pour permettre le percement de l'actuelle nationale qui monte vers Claye-Souilly.
"Supposons donc que si le Ministre André Malraux avait visité Chelles à l'époque de la promulgation de sa Loi, la rénovation du vieux bourg, commencée en 1964 (réf: Chelles Histoire C. Gamblin SAHC) n'aurait pas eu le même impact négatif sur les paysages... "
Lucien Follet
VOIR "La démolition du quartier Gambetta en 1966"
Ci dessous carte postale de la ruelle montant à l'Eglise ST André:
Collection Guy Hoquet carte n° 15/19
Merci à son directeur Paul Hintermeyer pour cet aimable envoi du Chelles ancien disparu aujourd'hui, nous confortant dans l'idée que ce bâtiment et son architecture souffrent d'un effacement visuel important.
La flèche rouge indique la prise de vue de l'entrée du Village route de Lagny sur le cadastre napoléonien:
(AD77 4P37/1331)
Cette image de Chelles, du graveur TIMMS, signée en bas à droite, provient des Archives Départementales de Seine et Marne:
Estampes:
Village de Chelles
AD77 SFI 1252
Mais le problème est que cette signature est tronquée car il manque le S.
Ceux qui ne connaissent que cette image pensent alors que le graveur se nomme TIMM.
Cela provient probablement d'une trop importante reproduction de l'image...
J'ai donc demandé à Claude Galley, de la Société Historique de Chelles, s'il connaissait cette image du vieux Chelles.
Je recevais avec sa réponse la même image colorisée:
Ici on distingue mieux la signature TIMM avec un petit c en plus vers le haut qui n'est autre en fait que le S dont la moitié inférieure est manquante.
Après quelques recherches sur Internet, j'obtiens deux graveurs du XIXe ayant le même nom, peut-être des frères puisqu'ils sont tous deux anglais:
James TIMMS et John TIMMS.
Puis arrive enfin une autre preuve gravée de TIMMS:
Une belle image dans le style de la gravure de Chelles:
la signature est parfaite:
Voilà un mystère résolu. Et un artiste retrouvé, de qualité, ayant croqué notre village au XIXe...
C'est méconnaissable, mais Claude Galley est d'accord pour penser qu'il s'agit bien là "du point de vue de la gravure ancienne" c'est à dire une vue depuis l'Est, avec la grande route pour arriver à l'entrée du village de Chelles...
VOIR même sujet du quartier Gambetta:
Lucien Follet
(collection particulière pour ces deux cartes postales)
Le Restaurant Mottheau, le plus majestueux établissement de Chelles, n'était autre que l'actuelle bâtisse du Quai des Mariniers au coin de la rue des Canotiers. La confusion vient des propriétaires successifs.
Sa dernière appellation étant le Restaurant de l'Abbaye dont la devanture est toujours en place...
Ce Restaurant avait une façade caractéristique avec des petites pierres volcaniques rouges collées. On les distingue déjà sur la photo de l'époque Mottheau.
Technique de collage de petites pierres, parement très solide, photo d'aujourd'hui plus de cent ans après ...
VOIR aussi Armand Lanoux et son mariage dans ce restaurant:
lemarneux
Sur cette carte les détails passent presque inaperçus !
Mais si l'on regarde de plus près sur la grande route de Chelles à Brou:
Cette carte de Delagrive, de 1740, est d'une extrême précision. Nous observons l'église St André, qui existe toujours au même endroit, puis en allant vers Brou une chapelle et enfin un curieux dessin : JUSTICE ? (Cet endroit se situe environ à la hauteur de l'actuel centre commercial Terre Ciel )
Voici de quoi il s'agit:
D'un gibet à trois piliers...
Donc les Abbesses de Chelles en 1740 avaient droit à trois piliers pour les condamnations à la pendaison...
Ce gibet devait être très dissuasif pour les voyous arrivant de l'Est de la France car cette route était la seule à l'époque pour aller à Paris...
4P37/1335 Archives départementales de Seine et Marne
Carte de Chelles de 1824 à 1850 Cadastre napoléonien
Le quartier se nomme encore :
" La Chapelle de Souffrance... "
(le bâtiment de la chapelle n'est plus indiqué au coin de l'intersection des routes)
http://roch-jaja.nursit.com/spip.php?rubrique731
Voici certainement l'ultime "preuve présence"
de la Chapelle de Souffrance de Chelles.
Cette Chapelle et le Gibet ont certainement dû être les premiers éléments détruits à la Révolution, symboles du pouvoir absolu des Abbesses de Chelles depuis Clovis...
Il est à craindre que cette Chapelle était celle où passaient les condamnés, pour se recueillir une dernière fois, avant d'être pendus aux piliers de Justice. Et probablement enterrés dans cet ancien cimetière dont la présence remonte aux gaulois:
Parution SAHC:
"Sur le site de la nécropole laténienne :
Un cimetière gaulois dans la carrière Barbe près de la Chapelle de Souffrance: Chambroux. Louvier 1902."
Sources des images et de la définition des piliers de justice:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Gibet_de_Montfaucon
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fourches_patibulaires
Le nombre des piliers de justice des fourches patibulaires variait suivant la qualité des seigneurs qui les construisaient : seul le roi pouvait en avoir autant qu’il voulait, les ducs en avaient huit, les comtes six, les barons quatre, les châtelains trois et les simples gentilshommes hauts justiciers deux. Tout haut justicier devait posséder des fourches patibulaires qui manifestaient son pouvoir de justice.
Possessions autres que Chelles des Abbesses en 1518:
Emplacement actuel de la Chapelle de Souffrance
Emplacement de la Chapelle de Souffrance : maisons sur les fondations de la bâtisse...
La rue porte toujours le nom...
C'est la première fois que l'on peut voir cette carte de Delagrive de 1740 avec sa dédicace et d'une manipulation possible aussi précise...
http://ids.lib.harvard.edu/ids/view/7724973?buttons=y
Voici le courrier que j'ai reçu qui m'a permis cette recherche sur la Justice à Chelles en 1740... Lucien Follet
"Je vous transmets ce message d'une liste à laquelle je suis abonné. Celui-ci parle de cartes anciennes en ligne.
Vous y trouverez des merveilles comme celle-ci provenant de l'université de Harvard.
http://ids.lib.harvard.edu/ids/view/7724973?buttons=y
cordialement
Vincent Dalmeyda "
Ce dessin de Jean-Baptiste-Nicolas Pillement est daté de 1770. Il se trouve à la Bibliothèque Nationale de France.
( Source gallica.bnf.fr )
indications: Seine et Oise, Vue de Gournay prise de la voie qui conduit à la rivière en venant de Noisy.
L'endroit aujourd'hui: l'Eglise ressemble encore, son implantation dans le paysage est identique.
La circulation de passage entre les rives sud et nord de la rivière Marne a considérablement marqué ce village de Seine St Denis, sans parvenir à le dénaturer, Gournay reste un village du nouveau Grand-Paris...
(Photo Google maps)
lemarneux
Entrée Sud de la ville de Chelles après le pont de Gournay. Le pont sur le canal au fond de l'image ressemblait alors aux deux autres ponts actuellement encore en service, celui de la Goujonnette et celui de la Belle-île...
Le même endroit aujourd'hui, avec la montée sur le pont du canal refait en béton.
La grande maison, déjà présente sur la photo 1900, penche dangereusement vers le bas du terrain à gauche: ce n'est pas une illusion... ( La photo est de Google maps.)
Le panneau d'entrée de ville indique :
vitesse autorisée 12 kilomètres à l'heure!
Aujourd'hui nous sommes passés à 50 Kms heure
pour la circulation !
Le futur sera au ralentissement des vitesses des véhicules en ville...
lemarneux
Photo de la crue de 1955 au Quai Prévost.
J'habitais alors cette haute maison de meulière, où je suis né, tout à côté du canal et juste au fond de l'allée des Eglantines.
Couverte de glycines, ne restait alors qu'une belle porte de fonte forgée dans la façon rocaille en vogue au tout début du XXe siècle, qui faisait semblant de fermer l'allée sur le quai Auguste Prévost.
Légèrement en aval de la baignade et des arches du moulin, le bateau qui draguait le sable avant la guerre. Sur la droite on aperçoit l'île de Gournay.
La crue de la Marne en 1955, l'eau frôle le dessous de la passerelle du Moulin... Les photos ont été prises avec une petite boîte de bakélite : un déclencheur, et de quoi faire avancer la pellicule...
Voila, juste pour l'anecdote, le souvenir, et histoire d'un salut au Marneux.
Alain Créac'h
Après avoir reçu ce courrier je découvre qu'Alain Créac'h, ancien Chellois, est un artiste vivant à Auxerre.
Sur son site Internet voici ci-dessous le choix d'un de ces beaux dessins...
Merci à Alain Créac'h d'avoir retrouvé pour nous ces photos de son enfance...
lemarneux